Mamelouk noir

13/11/2020

Si l'on vous dit "mamelouk" vous pensez de suite aux soldats orientaux et chamarrés ramenés d'Égypte par Bonaparte qui chargeront les chevaliers-gardes à la bataille d'Austerlitz et réprimeront la révolte madrilène en Espagne avant que les derniers survivants ne soient massacrés à Marseille en juin 1815 lors de la terreur blanche suite à la chute de Napoléon.

Mais le système mamelouk est très ancien, remontant jusqu'au IXe siècle.

À l'instar des janissaires, les mamelouks sont recrutés parmi des enfants capturés dans des pays non musulmans afin de les former aux combats. Un tel système permettait de contourner les règles interdisant aux musulmans de se faire la guerre entre eux. Sélectionnés sur des critères de capacité, d'absence de liens, et de résistance, ces enfants sont élevés loin de leur pays d'origine, recevant une éducation religieuse musulmane et une formation militaire. Adulte, le sultan ou l'émir (leur chef militaire) les affranchit et leur fournit un équipement et une solde.

Napoléon les affrontera lors de sa campagne d'Égypte et les déferra à la bataille des Pyramides. Il demandera alors au général Delaître de les incorporer dans son armée et ils finiront dans la cavalerie de la prestigieuse Garde impériale aux côtés des chasseurs à cheval.

Ces guerriers avaient des origines diverses, mais provenant au départ de contrées caucasiennes et avaient donc des origine coumane (Crimée), circassienne, abkhaze, oghouze ou encore géorgienne. Au fil des siècles, ils étaient également recrutés dans les régions proches comme la Palestine ou encore en Égypte même, au Darfour (ouest du Soudan), en Syrie, en Arménie, en Assyrie (Irak actuel) ou encore en Arabie. Mais ce qui est intéressant est que certains venaient également d'Abyssinie, région de la Corne de l'Afrique, située dans le nord de l'actuelle Éthiopie, l'est du Soudan et le sud de l'Érythrée. Ces esclaves soldats étaient donc noirs et le premier d'entre eux qui fut intégré au régiment fut Abdel Taloute, né en 1781 en Abyssinie et admis aux mamelouks de la Garde en l'an VIII, matricule 65. Il fait les campagnes des ans VIII, IX, XIV, 1806, 1807, 1808, 1809. On perd sa trace lors de la retraite de Russie le 12 décembre 1812.

Mamelouk de Bellangé
Mamelouk de Bellangé