Premier grenadier de la République
Tel était le surnom octroyé par Napoléon Bonaparte à ce révolutionnaire hors norme qu'était Théophile-Malo de La Tour d'Auvergne-Corret. Breton de cœur, il était grand amateur des langues celtiques. il inspirait les soldats qu'il commandait et ses adverses le respectait et le craignait comme en témoigne la prise de la forteresse de Saint Sébastien au pays basque.

Alors qu'il s'approche avec quelques pièces d'artillerie de la citadelle, il intime le gouverneur de la place de déposer les armes, prétextant qu'il est l'avant-garde de toute l'armée française qui le suit. Intimidé, le commandant de la place lui lance :
Capitaine, vous n'avez pas encore tiré un seul coup de canon contre ma citadelle ; faites-moi du moins l'honneur de la saluer, car sans cela il m'est impossible de la rendre.
La capitaine française ne se fait pas prier et en digne représentant des règles d'honneur militaire, retourne au camp où il fait tirer ses batteries contre le fort lequel lui répond. De retour au pied de Saint-Sébastien, les clefs lui sont remises sans hésitation.
Quelques années plus tard, au soir du combat de Oberhausen en Bavière, le 27 juin 1800, il meurt, touché au cœur par un coup de lance alors que sa demi-brigade est assaillie par la cavalerie adverse.