Vile ingratitude

11/09/2022

Roustam Raza dit Roustan était né en 1781 à Tbilissi en Géorgie. Issu d'une famille arménienne, il est enlevé adolescent et vendu plusieurs fois comme esclave. Il est acheté par le bey de Constantine qui le ramène en Égypte où il l'affranchit et l'intègre dans son corps de cavalerie de mamelouks. En août 1799, il passe au service de Napoléon durant son passage en Égypte. Durant les quinze années qui suivront, il sera l'ombre de l'Empereur lui préparant ses repas, s'occupant de sa toilette et de ses armes. Garde du corps, il est toujours à l'affût et dort dans une chambre voisine quand ce n'est pas en travers de la porte de la chambre de son maître. Il le suivra dans toutes ses campagnes jusqu'à sa première abdication en 1814.

Le mamelouk Roustan par Jacques-Nicolas Paillot de Montabert
Le mamelouk Roustan par Jacques-Nicolas Paillot de Montabert

Roustan était sensé suivre son maître dans son exil elbois et aurait reçu à cet effet 30.000 francs à Fontainebleau de Napoléon, ce qu'il a toujours démenti. Cette somme était destinée à assurer l'existence de sa famille pendant son absence. Mais Roustan ne va pas aller rejoindre son bienfaiteur sur l'île du premier l'exil. Était-ce sur les conseils de sa femme ou parce qu'il avait peur d'être accusé de tentative d'assassinat pour le compte de l'Angleterre suite à la tentative de suicide au poison de Napoléon, nul ne le sait, mais Napoléon en fut très affecté. En exil plus tard à Sainte-Hélène, Napoléon observa que

La conduite de Roustan ne l'avait finalement pas surpris. Son âme était celle d'un esclave ; du moment qu'il a vu que je n'étais plus maître, il a dû penser qu'il était dispensé de me servir.

Lors des Cent-Jours, alors que Napoléon avait repris le pouvoir, Roustan se présenta au Palais impérial à Paris pour y reprendre son service, mais averti de sa présence, Napoléon dit que

Si Roustan ne se retirait pas de son propre mouvement, il fallait le fouetter pour son entrée.

Napoléon le fera enfermé à Vincennes et le remplacera par le mamelouk Ali qui était quant à lui un pur Français. Né à Versailles, Ali s'appelait en réalité Louis-Étienne Saint-Denis. Il entre au service de l'Empereur comme second valet de chambre en décembre 1811 et devient le premier mamelouk au départ de Roustan pour ne plus quitter l'Empereur.  À Sainte-Hélène, il fera tout pour adoucir les dures années de captivité de Napoléon.

Louis-Etienne Saint-Denis, dit le mamelouk Ali. Gravure du début du XIXe siècle.
Louis-Etienne Saint-Denis, dit le mamelouk Ali. Gravure du début du XIXe siècle.
Frank Grognet - Blog historique
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