Combattu souvent, battu parfois, abattu jamais !

31/03/2021

Le 29 mars 1796 eut lieu l'exécution de François Athanase Charette de La Contrie sur la place Viarme à Nantes. C'était un royaliste français qui a joué un rôle essentiel dans la guerre de Vendée à la tête de l'Armée catholique et royale du Bas-Poitou et du Pays de Retz.

Il est capturé par le général Jean Pierre Travot 6 jours plus tôt dans les bois de la Chabotterie (commune de Saint-Sulpice-le-Verdon) alors qu'il n'est plus suivi que par 32 derniers fidèles et est rapidement condamné à mort.

Quand il descend l'escalier du Palais, un homme l'injurie, Charette le regarde fixement, sans interrompre sa prière, et l'insulteur se cache dans la foule. En passant dans la rue de Gorges, il reçoit, sans que l'escorte s'en aperçoive, l'absolution d'un prêtre réfractaire. Sur la place, 5 000 hommes de troupe forment le carré ; plusieurs généraux s'y trouvent avec les représentants. Les musiques militaires ont l'ordre de ne pas jouer avant l'exécution. Charette, l'air impassible, entre dans le carré, cherchant des yeux le peloton d'exécution et semblant passer en revue la garnison de Nantes.

L'abbé Guibert l'exhorte au courage. Le Vendéen lui répond :

J'ai bravé cent fois la mort, j'y vais pour la dernière fois sans la braver, sans la craindre.

Un roulement funèbre se fait entendre, il embrasse son confesseur, regarde, avec un sourire tranquille, le cercueil, qui a été déposé devant le mur où il doit s'adosser, et va se placer face au peloton d'exécution, dix-huit chasseurs des montagnes, du bataillon qui l'a fait prisonnier. Un adjudant lui fait signe de se mettre à genoux, Charette refuse dédaigneusement de la tête et de la main droite.

Un gendarme s'approche pour lui bander les yeux, même refus. Alors, le chef royaliste, le regard étincelant, la taille cambrée, retire son bras gauche blessé de l'écharpe qui le soutient, place la main droite sur son cœur et prononce ces paroles :

Soldats, ajustez bien, c'est ici qu'il faut frapper un brave !... 

Il obtient le droit de commander au peloton :

Lorsque je fermerai les yeux, tirez droit au cœur.

Les balles atteignent le général qui reste un instant debout, comme s'il n'était pas atteint, puis la jambe gauche fléchit, ensuite la hanche, le coude s'appuie à terre comme pour retarder la chute, le corps s'étend enfin dans l'attitude du repos. Il tombe à cinq heures et quatorze minutes de l'après-midi.

Exécution du général Charette, place Viarme à Nantes, mars 1796, par Julien Le Blant.
Exécution du général Charette, place Viarme à Nantes, mars 1796, par Julien Le Blant.