Le taureau chouan

11/09/2022

Georges Cadoudal était un homme robuste et bien bâti jouissant d'une force herculéenne qu'il avait héritée de son père. Partisan un temps de la Révolution française, il s'en distance en 1791 et s'oppose en temps que royaliste à elle deux ans plus tard par les armes. Il participe aux guerres de Vendée où il acquiert ses étoiles de général chouan. Refusant d'intégrer par la suite l'armée républicaine, il s'oppose au Premier consul Bonaparte et s'enfuit en Angleterre suite à l'attentat de la rue Saint-Nicaise en 1800 commis par deux de ses officiers. De retour à Paris 4 ans plus tard, il ourdit un complot contre le chef de l'État avec l'aide militaire du général Pichegru afin de remettre Louis XVIII sur le trône. Fouché déjoue la conspiration et Cadoudal est arrêté avec ses complices.

Lors de son procès, il est confronté au montagnard Jacques Alexis Thuriot de la Rozière, celui-là même qui avait voté la mort du roi. Cadoudal ne se prive pas de railler son interrogateur, s'obstinant avec mépris à l'appeler "Tue-Roi" en lieu et place de son patronyme.

Georges Cadoudal, portrait réalisé peu avant son exécution, anonyme, 1804. Musée de la Chouannerie, Plouharnel.
Georges Cadoudal, portrait réalisé peu avant son exécution, anonyme, 1804. Musée de la Chouannerie, Plouharnel.

Un jour Thuriot demanda à l'accusé ce qu'il avait fait de la miniature de Louis XVI qu'il portait habituellement autour de son cou. Ce dernier lui rétorqua :

Et toi, citoyen Tue-Roi, qu'as-tu fait de l'original ?

Au final, Cadoudal sera condamné à mort et guillotiné à Paris, place de l'Hôtel-de-Ville, le 25 juin 1804 avec onze autres royalistes. Sa famille sera finalement anoblie par Louis XVIII et il sera fait maréchal de France à titre posthume.

Frank Grognet - Blog historique
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